ROUMARE AUJOURD'HUI

04 août 2019

LA MECHTA MIMILE

En cette fin d'année 1961, les raids des fells dans notre région de l'ouest algérien, allaient bon train. Les dirigeants de cette organisme terroriste sentaient un tournant dans l'opinion française, lasse de cette guerre. Pour faire parler d'eux, il fallait entretenir les évènements au prix du sacrifice de milliers de jeunes algériens  non aguerris. Pour se prémunir de ces incursions, la France avait créé un encagement généralisé des frontières entre le Maroc et la Tunisie. Un réseau très dense de barbelés, de mines et surtout un filet éclectique efficace. Pour accéder à cette structure, une piste longeait la ligne d'arret afin d'intercepter tous les franchissements. La ligne Maurice présentait ainsi une très grande efficacité, paralysant tous acheminement d'armes et munitions pour les katibas intérieur. C'est dans ce contexte que j'aie été amené à opérer près de Marnia. A cette époque, nous renforcions les effectifs du royal Pontivy. Escadron connu de nous car nous étions souvent ensemble lors des opérations de ratissage. Pour compléter le dispositif mis en place, entre les postes fixes , il y avait des patrouilles jours et nuit afin d'internenir au plus près. Nous étions donc détachés pour emploi près de la frontière et notre role consistait à nous positionner de nuit non loin du réseau électique, au lieu dit "LA MECHTA MIMILE", pourquoi se nom? Je l'ignore, mais vu l'état du gourbis il est fort probable que le pauvre guss qui avait logé ici ne devait pas rouler sur l'or. Toute la nuit, nous étions aux aguets prés à intervenir. Lorsque les fells attaquaient, celà commençait par des tirs de diversion sur une grande partie de la ligne et essayait avec des explosifs de créer un passage. La multiplication des coupures du réseau se voyaient au loin par des étincelles provoquaient par les 10000 volts. Préalablement nous avions repéré les différents points de départ des assaillants et nous avions comme mission de pilonner leur zone avec quelques obus de notre camon de 37 de l'auto-mitrailleuse. L'artillerie donnait elle aussi de la voix, avec les canons de 105. Cela durait une bonne heure environ et après nous devions nous assurer que notre secteur n'avait pas été impacté par cette attaque. On patrouillait à bord de l'AM au ralenti et en cas de dégâts nous alertions le poste le plus proche. Parfois, les fells réussissaient à franchir le réseau, mais à quel prix. J'ai vu des guss électrifiés, comme des morceaux de bois calcinés. Pour nous leurrer, ils faisaient passer avant eux, des anes ou des moutons. Tous les coups sont permis méme au prix des sacrifices humains. Lorsque le franchissement était avéré, commençait alors la longue traque à l'intérieur des terres.Tout cela se passait prés de Nédroma. Au petit matin, retour à la base, remise en état du matériel, et un bon roupillon pour récupérer un peu. Nos amis de l'escadron du royal Pontivy, savaient recevoir, ils avait une très bonne cave, et parfois dans les blindés on entendait le tintement familier des bouteilles de vin.C'était il y 60 ans, qui se souvient de cette mechta Mimile, de ces morts pour une idéologie communisme, de ces français qui ont pactisaient avec les fells pour acheminer l'argent le nerf de la guerre. Un ancien premier ministre Français, se targuait d'avoir oeuvrait contre nous. Et oui, les traites sont de toutes les époques. 

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04 juillet 2019

LES TONTONS MOTARDS

De tous temps la gendarmerie s'est construite et instruite en utilisant les ressources internes. C'est ainsi que les meilleurs des gendarmes sont choisis pour instruire les autres notamment dans les centres de formation motocycliste de la Gendarmerie. Au debut on se contentait de stages d'initiation en Région, puis avec la montée en puissance des unités motorisées, il y avait urgence d'unifier tous ces parcours initiatiques à l'échelon national. C'est ainsi que Fontainebleau est devenu la Mecque des motocyclistes. Selon votre vocation, deux stages s'ouvraient alors à, la formation basique, un stage d'initiation d'une durée de trois mois et des stages de recyclage d'une durée d'un mois. Vous l'avez bien compris, les tontons motards sévissaient sur ces deux types de formation. Le travail était  fait avec grand sérieux car il s'agissait avant tout autre chose, de donner aux stagiaires une aptitude à piloter en toute sécurité et de faire de la motocyclette un outil opérationnel. Les sous-officiers qui oeuvraient à cette tache, étaient tous des motards avertis. Mais cela n'empéchait la rigolade sinon la vie serait bien trop triste. Des anecdotes de cette époque, je vais vous en narrer quelques unes. Lors de la fin du cycle de pilotage, nous avions une piste surnommée la piste noire. Noire pourquoi? Les difficultés rencontrées par le stagiaire, résumées en fait l'aptitude à piloter. Donc, c'est toujours avec un peu  d'appréhension que les stagiaires abordaient cette difficultés.Pour pigmenter cette épreuve, nous avions convenu une mise en scéne particulière. Au moment ou les stagiaires vont commencer à s'élancer, arrive en motocyclette un curé en soutane. "L'un des nôtres bien entendu" Il met sa machine sur béquille et se dirige vers le groupe. Stupéfaction générale. Nous, bien entendu, on y va "Du Monseigneur, monsieur l'aumonier etc". Les stagiaires sont réunis et notre soit disant prêtre commence à les bénir, vu la difficulté de la piste. Puis il remet à chaque stagiaire, une médaille de la Sainte Vierge. Inutile de vous dire l'ambiance au départ? Mort de trouille les stagiaires. Parmi ces derniers nous avions deux sénégalais qui venaient en France pour constituer la garde motocycliste de leur Président. "Tu nous donnes des grigris chef? Au bar le soir cet épisode a fait le tour du cantonnement avec force rigolade. Autre anecdote piquante, mes deux sénégalais qui ne savaient pas faire du vélo lorsqu'ils sont arrives chez nous, lorsque qu'ils sont sortis la première fois sur piste, n'ont pas été capable de s'arréter face à une butte de terre, la motocyclette s'est plantée en terre et mes deux guerriers sont partis à l'horizontale dans les fourrés. Lorsqu'ils sortis, couverts de boue, de feuilles, le casque de travers, ils étaient gris de trouille. Tout cela sans mal, grâce à nos échauffements musclés. Et les officiers me diriez-vous? Et bien sachez que nous avions pour habitude de gérer nous mène nos formations, et que les officiers intervenaient peu. Mais cela ne nous a pas empêche de leur faire quelques farces. Du barane dans le casque, les douches à l'eau froide, etc.. Nous avions une très bonne entente entre nous et je pense bien sincèrement que beaucoup de mes camarades se souviennent de ces séances de radada dans le sable, la descente en catastrophe des poubelles, le carrousel ou le gymkhana. Oui les tontons motards ont marqué de leur empreinte toute cette époque, qu'en est-il aujourd'hui?

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30 juin 2019

PRINCESSE KABYLE

Cette histoire je l'a dédie à toute ces jeunes filles algériennes violées par l'un des proches en échange de chévres ou autres animaux, voir en échange de femmes plus agées comme c'est la coutume dans ce pays. Nous étions en fin de présence de la France en Algérie et nous commencions à préparer les cantines pour l'ultime retour au pays. En attendant cet ordre, nous continuons à patrouiller aux abords des sites stratégiques. Nous devions faire des patrouilles près du barrage de Benibadel, a l'ouest de Tlemcen. Le secteur était calme et nous avions l'habitude de nous arrêter près d'une source afin de remplir nos bidons. J'étais un peu à l'écart et j'étais plongé dans mes pensées. Une jeune fille d'une quinzaine d'années en habit traditionnel kabyle, vient à la source afin de remplir un récipient. Elle me dit boujour et elle s'assoie. Elle commence à me demander de quelle région de France je venais et elle continue en parlant de sa région d'origine la Kabylie. Je suis surpris par son langage recherché et je lui pose plusieurs questionss sur sa scolarité et sur sa présence en ces lieux. Elle me dit être hébergée chez un vieil oncle prés d'ici dans un petit domaine rural. Elle me raconte que ses origines remontent au temps ou la kabylie était constituée de petits fiefs et selon ses dires etre de sang princier. Amusé par cette histoire rocambolesque je lui demande la raison de son déracinement. Elle baisse la tète et elle devient blanche comme un linge. Dans un souffle elle me confie qu'elle avait été violée par l'un de ses oncles. Le traumatisme était encore palpable. Ses mains trembles et ses yeux  très bleus, embués de larmes. Je ne savais que faire et que dire. Une enfant ainsi martyrisée par un parents, s'est atroce et difficile à admettre. Je me suis approché et je lui ai fait une bise sui la main. Elle m'a souri et me dit en partant "Je me nomme Zouaouia,Je serais avocate pour défendre les femmes de ce pays." J'ai rejoint la patrouille et quelque temps aprés je rentrais en métropole. Une quinzaine d'années plus tard, je me trouvais au parquet de notre circonscription pour une affaire de trafic de cartes de péages sur l'autoroute. L'affaire était complexe et j'avais besoin de l'avis du juge d'instruction.  Comme il se faisait tard, le juge m'invite a prendre un pot en compagnie des membres du parquet en l'honneur de jeunes avocats stagiaires. Tout en sirotant ma boisson, je suis intrigué par une jeune femme, trés brune, le teint halé, les yeux d'un bleu intense. Celle-ci me regarde également et elle vient vers moi. "Vous vous souvenez de moi? Son regard et son visage m'interpellent. Rappelez-vous la source de BENIBADEL" Zouaouia?. C'est pas possible, vous? Elle m'a raconté briévement son fretour en France avec son vieil oncle, ses études de droit, et maintenant son diplome d'avocate. Je lui demande si elle veut bien venir chez moi afin que je puisse la présenter à ma femme et mes filles. Elle accepte et j'ai su tout son parcours pour aboutier à cette concrétisation de son voeu de défendre les jeunes algériennes. Elle nous a quitté en nous promettant de revenir mais je sais que ce genre de promesse ne sera jamais tenue. Alors, au terme de cette histoire: Hazard ou élucubration? Pourtant cette histoire est véridique, un peu enjolivée certe, mais le fonds demeure et sachez malheureusement que la pratique de se servir  des jeunes filles comme monnaie d'échange est toujours d'actualité.

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28 avril 2019

L'ARMENIE

Parmi les nombreux voyages que j'ai pu effectuer lors de ma vie, la découverte de ce pays l'Armenie fait partie de mes meilleurs souvenirs.En France nous avons une image assez floue de cette contrée et le peu d'informations que nous avons font état d'un pays tourmenté par l'histoire. Je savais, pour l'avoir lu, que le génocide de ce peuple a été terrible, mais de là à imaginer les souffrances subies par ces armeniens il n'y a rien de comparable avec la dure réalité du musée dédié à cet effet. Là, on apprend avec des sources sures, la cruauté des turcs, des kurdes . L'abject a été dépassé par ces agresseurs au point que certaines images sont insoutenables pour le commun des mortels. Imaginé un seul instant que ces tourmenteurs allaient jusqu'à faire frire les nouveaux nés devant leur mère. Et oui, et tout celà par idéal religieux. L'islam est une religions de paix n'est-ce pas! Sinon, je peux témoigner du courage des armeniens à redresser leur pays dévasté par tant d'années de guerre. Tout est à faire, mais je reconnais que des résultats tangibles se manifestent. Par exemple la jeunesse est bien formée et éduquée. A titre d'anecdote, dans le métro d'Eyrevan, les jeunes se lèvent pour laisser la place aux personnes les plus âgées. Et oui, ils ont des convenances que nous avons perdues il y a belle lurette. Dans les campagnes le peuple se chauffe encore avec des bouses de vaches séchées. Mais il vous accueille à bras ouvert et il est prêt à partager le peu qu'il a. Ce pays recèle des trésors d'architesture. Les nombreux monastères témoignent d'une foi inébranlable. Le renouveau du christianisme est patent. Les jeunes suivent les préceptes de la religion avec conviction.  L'indépendance de ce pays est récente et il faut savoir que les armeniens sont toujours en guerre contre l'azerbaidjan. Les jeunes font 2 ans de service militaire et ils sont envoyés sur le front pour contrer les incursions des islamistes.  Nous les français, nous ne devons pas oublier cet engagement car en sorte ils nous défendent alors qu'ils ont peu de moyens. Nous devrions aussi nous rappeler le martyr des résistants arméniens pendant la dernière guerre. Bon, vous l'avez bien compris, il faut aider ce peuple frére, et la meilleure façon de le faire est d'aller dans ce pays et de leur témoigner notre soutien. Les français sont très bien considères grâce à l'objectivité que nous avons et aussi grâce à notre engagement en Cilésie.

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04 avril 2019

LE CHIBANI

Dans la culture berbère, le chibani, c'est les vieux, l'ancien le sage est à ce titre il mérite attention, respect et écoute. Le chibani, c'est l'histoire, la référence et j'ai toujours respecté ces anciens car ils avaient une certaine lucidité sur ce qui allait advenir à leur pays après notre départ. Au cours de mes nombreuses patrouilles dans le djebel, non loin de Nédroma la cité vestige d'un temps passé, nous pasions fréquemment prés d'un douard isole, une sorte d'oasis avec quelques fellahs travaillant leur lopin de terre et entretenant un troupeau de chèvres et de de moutons pour subsister. A chaque fois que je passé, je venais saluer un ancien  assis sur un banc le dos à son gourbi la tète protégée par un immense figuier. Habillé à l'ancienne, la tète couverte par une chéchia, il imposait le respect. Comme nous devions quitter la zone pour nous replier sur la base de Mers el Kebir près d'Oran, je tenais à saluer une dernière fois ce chibani. On aurait dit qu'il m'attendait. Sur la petite table devant son banc, sa femme avait préparé le thé à la menthe et quelques beignets au miel. Comme je ne fumais pas et que j'avais une réserve de tabac, je lui ai apporté une dizaine de paquets de tabac à pipe. Je savais que c'était son péché mignon. Après les paroles de bienvenue nous avons commencé à parler de la vie et surtout de sa vie. J'ai découvert en réalité que c'était un ancien combattant de 14/18 et qu'il avait servi en France lors de la bataille de Verdun. Il m'a raconté son périple pour rejoindre le front. Voyage en fond cale d'un bateau, puis transport par wagon jusqu'au lieu ou il fallait rejoindre le front à pied. Mal équipé, un paquetage bien trop lourd, un fusil lebel peu maniable, ces goumiers n' étaient pas fait pour combattre sous nos latitudes. Il s'en est sorti grace à Allah dit-il. Je veux bien le croire car vivre dans cet enfer ça n'a pas été de tout repos. A la fin de la guerre, il a servi dans le sud algérien comme goumier pour surveiller les tribus voleurs de troupeaux. Sa femme, discrètement m'apporte une boite de fer et en l'ouvrant elle me montre les médailles de son mari. Médaille militaire, médaille de verdun, croix du sud, . Avec une certaine émotion je regarde ces décorations, et je me dis"combien d'anciens combattants comme lui ont été laissé pour compte? Tout en continuant à parler, il me confie ses craintes pour l'avenir de son pays car il a bien conscience que les algériens ne sont pas encore prets à prendre leur envol. Puis il aborde son triste avenir, "j'ai encore quelques années à vivre ici mais dans quelles conditions?" Il me dit, j'ai l'impression de vivre un énorme gachis. Et oui, mon vieux chibani, tu n'avais pas tord, la suite de l'histoire, nous, nous la connaissons. Lui, vu son age, il a du s'éteindre doucement à l'ombre de son figuier et reposer en paix prés du marabout de son douard. Quand j'évoque ce passé, je revois cet ancien, droit comme un I fier de son passé d'ancien combattant. Respect à tous ces goumiers, ces troupiers qui sont venus défendre la France en espèrant que leur sacrifice ne serait pas vain pour l'avenir de leur terre.

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19 mars 2019

LES DESERTEURS

Peu de temps après l'indépendance de l'Algérie, en juillet 1962, les accords d'Evian, prévoyaient une période de transitions afin de rapatrier les forces militaires vers la France. La base de Mers el kébir, située près d'Oran servait de zone de repli tant sur le plan humain que matériels. Cette enclave s'étendait de la sortie d'Oran ouest vers la mer sur une distance d'une vingtaine de kilomètres. L'anarchie provoquée par ces mouvements de troupe a contraint le commandement a créé une prévôté aux armées et bien entendu j'étais du lot car je venais de passer avec succès mon brevet d'armes. Nous étions donc une trentaine de gendarmes, équipés de moyens très rustiques, et logés au fort de la marine au lieu dit "La fosse aux ours" Pourquoi ce nom, je l'ignore mais en ce qui concerne le confort nous avions connu mieux. Notre mission consistait a surveiller la circulation dans la zone franche et de vérifier l'identité des civils entrant sur notre territoire en compagnie des fells. Oui, vous avez bien entendu, la veille on se tiraient dessus et maintenant nous étions contrains de travailler avec eux. Inutile de vous préciser l'ambiance des deux cotés, mais la mission passe avant toute notre haine à l'égard de ces ennemis. Pour être identifié à coup sur, nous avions un brassard bleu avec la lettre P. Nous avions repris le képi tout en étant en kaki. Pour nous commander nous avions un officier et quelques gradés. Nous étions répartis en brigade et chacune avait une zone à surveiller. Avec mon équipe, nous avions hérité de la ligne de crête entre la chapelle de Santa Cruz et la zone forestière bordant le camp de la légion. Par atavisme nous avions rapidement sympathisé avec la légion et leur cantine nous servait d'ordinaire. Un matin, aux aurores, nous étions embusques prés de la chapelle. Il s'agissait de tirer les lapins qui pullulaient dans cette zone afin d'améliorer la cantine. Nos coups de feu, font sortir deux guss des fourrés. Il s'agit de deux européens. Nous procédons à une fouille systématique et nous essayons d'avoir leur identité. Impossible de dialoguer avec eux. Dans le doute, nous les ramenons à la base. Là, l'un d'eux nous dit qu'ils sont des touristes allemands et qu'ils ont laissé leur pièce d'identité dans un hôtel dans la zone de la caravelle à ORAN. Le gradé de permanence me donne l'ordre d'aller avec les guss vérifier ces dires. Mais,j'ai un doute, aussi sans en parler au gradé je fais garder l'un d'eux au poste en attendant mon retour avec le deuxième. Ce dernier nous balade dans le quartier de la caravelle et m'indique soudainement un hotel. Je descends de la jeep avec lui et je constate que nous sommes précisément devant un cantonnement fell. Le guss se met à courir vers l'entrée du campement je le poursuis. Il entre dans le campement et immédiatement cinq ou six fells m'entoure, l'arme bien en vue. Mon brassard prévoté me sauve la mise et l'un de leurs responsables vient vers moi et me dit que ce guss est l'un des leurs. Je lui explique que ce type a essayé de rejoindre notre zone ce matin. Il me fait signe de repartir et fissa comme ils disent. Je ne demande pas mon reste et je repars vers notre base la rage au coeur. Mon chauffeur me dit "Ben on a eu chaud". Arrivés à la base, je fais comprendre aux deuxième guss que je sais qu'il y est. Mon gradé commence à ameuter la hierarchie de l'incident. Moi de mon coté je préviens un adjudant du camp de la légion et je lui demande de rappliquer dare dare à la base.  Quand ce dernier arrive, je le mets devant notre guss. Un coup de poing en pleine figure pour commencer le dialogue, une fouille à corps très poussé, et dans son slip ,des papiers d'identité. Bon, pas d'histoires entre nous, tu le prends en compte car c'est un déserteur et qui de plus a servi chez les fells. Avec un large sourire, j'ai compris que notre guss allait passer un trés mauvais quart d'heure au camp de la légion. Entre temps mon gradé revient et il me dit de conduire le type à l'tat major dans le fort. Mais constatant son absence, je lui, dis que nous l'avions identifié et remis à son unité. Complètement incrédule, il m'engueule de mon initiative mais bien content de se voir débarrasse de toute une procédure. Bon, comme vous le voyez il y a des jours ou l'on peut remercier la baraka car sans mon brassard de prévoté, je ne donnais pas chère de ma peau dans ces temps très agités. Quand au guss qui nous a échappait à Oran, compte tenu de sa volonté de revenir en France, il a du lui aussi passer un tré trés mauvais quart d'heure. 

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13 mars 2019

LE MAITRE DES HORLOGES

Comme vous avez pu remarquer, nous ne sommes pas maître de nos horloges. Le grand horloger du cosmos, règle nos pendules selon son humeur du moment et nous crédite d'un temps donné avant d'arreter le mécanisme. Le remontoir est parfois utilisé par les médecins pour nous remettre à l'heure, mais celà ne marche pas à tous les coups. Le maitre des horloges est tout puissant car par ses différents réglages, il gère le monde entier, tout ce qui vit passe par sa volonté. Quel cerveau ce bonhomme? Il est capable à tous les moments de rappeler à lui tous les mécanismes usés ou défaillants.. Pour certain, ce maitre des h horloges, c'est dieu lui mène, pour d'autres c'est bouddha ou autres divinités du panthéon de nos croyances.  Après-tout, quelque soit son identité, nous sommes tous dépendant de son bon vouloir. Si quelques bricolages ici bas nous permettent de perdurer un peu plus, et bien profitons-en. Pourtant, vous auriez pu me faire remarquer, que toutes les pendules du monde vivant ne sont pas réglées avec la meme durée. Prenons par exemple le genre humain, nous ne sommes pas égaux en terme d'usure des mécanismes. Rappelez-vous, le sablier de la vie! il s'écoule indifféremment selon la quantité de sable. Ce sablier de la vie, n'est-il pas lui aussi une forme d'horloge biologique? Pour nos ancétres paysans, l'horloge familiale, avait une utilité indispensable pour gérer l'emploi du temps. Elle; venait en complément des sonneries du clocher du village. Ces horloges portaient une symbolique trés forte à telle enseigne que lors d'un décès, on arrêtait le balancier pendant quelques jours, afin de bien marquer cette disparition. Aujourd'hui, on s'émancipe du temps des horloges. Auparavant et quelque soit la saison, on ne changeait pas les horaires des pendules. La journée de travail commençait aux aurores pour se terminer au crépuscule. Sous l'aire industrielle, le temps de travail était ponctuait par les sirènes. Petit à petit, ces horloges se sont modernisées, internalisées mais pensez-vous que cela change beaucoup notre existence? Le maître des horloges reste le gérant de nos destinées, et selon son humeur il rappelle à lui quelques âmes, pour venir lui donner un coup de main dans la gestion des rouages de la vie sur cette terre. Alors, me diriez-vous, quel est le message? Et bien amis lecteurs, sachez que notre vie dépend de beaucoup de paramètres pour maintenir les mécanismes en état, mais que vous le vouliez ou non, l'horloger de nos destinées sera vous rappeler à lui lorsque votre heure sera venue. L'important n'est-il pas de profiter de chaque parcelles de sa vie afin de partir sereinement sans regret. Un denier conseil d'ancien "Il est préférable d'avoir des remords plutôt que des regrets"

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06 mars 2019

LE GEGENE EMMERDE

Cette épisode de mon histoire sur le territoire d'opération algérienne est authentique d'ailleurs comme le reste. Le titre est un peu provocateur est pourtant c'est un cas vécu meme si les propos sont d'ordre scatalogiques. Tous ceux qui ont connu cette période ont en mémoire des évènements tragiques mais gardent aussi des faits plus savoureux à rapporter. C'est le but que je me suis fixé car la mémoire reste pour le moment intacte mais pour combien de temps?  Pour restituer cette histoire, nous somme au cours de l'année 1961, année charnière pour le FLN qui sentant la partie gagnée sur le plan internationale, intensifie ses incursions le long de la frontière marocaine. Nous somme en mars et les différences de températures sont-elles que les intestins souffrent beaucoup. Ont comprend aisément pourquoi nos anciens portaient la ceinture de flanel afin d'éviter les inconvénients de ces sautes de températures. Vers minuit, alerte des premiers à marcher. La mission consiste à escorter le général commandant la zone vers le poste de Boubeker ou un violent accrochage  avec une bande de fells avait provoqué la perte chez nos militaires. Le convoi est constitué d'un scout-car, de la voiture du général,de deux ambulances et d'une AM. Deux ambulances, l'une pour les blessés l'autre malheureusement pour les dépouilles des militaires tués au combat. Nous roulons prudemment car la zone est loin d'étre sécurisée et pour nous repérer nous circulons avec les seuls yeux de chats, petits feux de couleur rouge. J'occupe la place de mitrailleur a l'arrière. Le scout comprend 5 hommes, un chauffeur, un chef de bord, deux mitraileurs pour servir la 50 et la 30 et un radio. Nous sommes en liaison radio avec les postes situés sur le parcours. Il fait nuit noire et le froids intense. De plus, dans la cuve du scout, le vent tourbillonne et accentue cette notion de froid. Déjà sensible par la présence d'amibes dans les intestins, je ressens un besoin impérieux de me soulager la pance. Mais compte-tenu du contexte impossible de s'arreter. J'ai beau me retenir mais la loi de la nature est impérieuse et il me faut trouver une solution immédiate. "Nécessité fait force de loi"Je décide donc de prendre mon casque lourd comme pot de chambre. Tant bien que mal je fais mon besoin à la grande rigolade des autres compères. Je me rhabille comme je peux et il me faut maintenant me débarrasser du contenu du casque. Mon coéquipier à devancé ma pensée, il se saisit de mon casque et balance le contenu à l'arrière du scout. Mais comme nous circulions assez près les uns des autres, ce contenu atterri sur le capot du véhicule du général. Comme il fait nuit noire le conducteur n'a rien vu et nous arrivons à destination. Discrètement nous rejoignons le mess ou nous attendait un ancien légionnaire. Je lui fais part de cette histoire et il part en rigolade. Comme j'ai toujours mal au ventre, il me donne à boire le contenu d'une ampoule de couleur jaune, ampoule qui la ramenée d'indochine. Il me dit,"tu verras avec cela tu ne seras plus jamais importuné" Et il a eu raison car jamais je n'ai eu à souffrir de ces maux de ventre. Nous avons repris le convoi pour le retour et avant de partir j'entendais le chauffeur du général se plaindre car son patron l'avait engueulé copieusement car sa voiture sentait la merde. Il n'avait jamais compris comment ces excréments étaient venus sur son capot. Nous innocemment nous partagions sa déconvenue . N'enpéche qu'au retour à l'escadron j'étais catalogue comme l'emmerdeur du général.  Le plus drôle de cette affaire, c'est que j'aie gardé ce casque et il trône façon de parler, dans mon bureau. Rassurez vous il a été récuré et il a servi à bien d'autres utilités comme se laver par exemple. 

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04 mars 2019

LA NUIT SOUS LES LUCIOLES

Encore une nuit dans le djebel, une nuit très froide puisque le thermomètre affiche moins 8 degré. Pour maintenir nos véhicules en état de marche, nous sommes contraints de les faire tourner de temps à autres afin d'éviter le gel des radiateurs. La vigie auprès des pièces de 50 et de 30 millimètres n'est pas chose aisée. Le froids nous paralyse les mains au contact de l'acier.  Heureusement, fort de mon expérience passée, j'avais pris dans mon paquetage de terrain, une paire de moufles en peau de mouton. Le pouce étant dégagé, je pouvais tirer sans difficulté. Par contre nos passe -montagnes offraient peu de résistance au vent glacial. Le décors ainsi posé, nous étions fasse à un massif boisé prés de Sidi Medjahed. Depuis trois jours nous poursuivions une katiba forte de 120 guss depuis la frontière marocaine. Nous étions dans la phase de l'hallali, car le bouclage du massif n'offrait peu de facilité pour que ces fells puissent sortir de la nasse. Par mesure de prudence nous avions établis nos zones de tirs et délimité le champ d'action des mitrailleuses. A notre gauche, nous étions épaulés par une compagnie du RIMA. Mise à part les hurlements des chacals, la nuit était en apparence calme. Cependant nous redoutions un passage en force des fells. Derrière nous nous avions une batterie de 105 et qui par intervalles de 20 minutes projetait en l'air des fusées éclairantes, les lucioles. Cela avait pour effet de donner un cachet irréel à ce djebel. Une lumière blafarde donnait aux arbres et aux buissons des allures de décors. On y voyait comme en plein jour. Entre chaque salves le paysage redevenait sombre indéfinissable. Les fells avaient compris la cadence de tir des 105, et ils avaient progressé vers nos lignes. Mais contre toute attente, leur progression ont gêné un chacal qui est parti dans notre direction en créant un mouvement dans les buissons. Immédiatement les tirs nourris en direction des buissons  en fait reculer les fells Malgré l'envoi de fusées éclairantes nous n'apercevions pas la tentative de franchissement. Après cette alerte le calme est revenu. Au petit matin nous sommes allés voir la zone de pénétration et nous avons constaté des traces de sang. Cette alerte a eu le mérite de confirmer la présence des fells dans ce massif. Rapidement le bouclage s'est mis en mouvement pour resserrer la zone et lors des premiers engagements, les T6 sont entrés en action avec leur habituel efficacité. Quelques prisonniers, quelques blessés mais surtout beaucoup de morts. Le combat était inégal, nous avions la supériorité numérique et l'appui aérien. Le seul avantage des fells la connaissance du terrain, quoiqu'au bout de deux ans de crapahut nous avions nous aussi appréhender cette terre aride et rude. La nuit sous les lucioles est un souvenir comme les autres mais pour ceux qui devaient se terrer à chaque éclatement des fusées  cela devait etre particulièrement stressant. Retour à la base, crasseux, fatigués, les yeux rougis par les interminables nuits d'éveil. Nous étions jeunes et la récupération physique rapide. Encore une opé à mettre au compteur.

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10 février 2019

NAISSANCE AU DJEBEL

En cette année 1961, nous étions en pleine phase de la pacification. Les tensions sur la frontières marocaine étaient toujours aussi intense et notre unité souvent sollicitée par les opérations de ratissage et de bouclage, se trouvait au sud de Tlemcen. Mise à part les départs précipités sur les zones sensibles de pénétration des katibas, nous avions aussi pour tache, de quadriller notre secteur afin de déceler la présence de fells et aussi de rechercher du renseignement auprès des autochtones. Nous étions au printemps et les traces de l'hiver commençaient à s'estomper. La nature se parait de vert des oliviers, des arbousiers et l'oued qui bordait le sud de notre secteur charriait des tas de branchages arrachés sur les berges. Nous progressions en silence sur les rives de l'oued Mouilah en direction d'une zone de pâturage LA SMALA DE CHAHBA. Habitués à ces patrouilles, nous faisions attention à notre entourage surtout que nous étions dominés par une forme de canyon naturel, propice aux embuscades. Nous savions que toute cette zone avait été déplacée vers un village construit de toute pièce par les SAS. A priori nous ne devions rencontrer personne or-mis les bergers autorisés par les autorités militaires. Nous les pouces cailloux, nous marchions silencieusement avec l'esprit en éveil car nous savions qu'une petite cellule Fell était agissante. Nous n'étions guère éloignés du massif du Fillaoucene, lieu de rébellion affirmé. A l'approche du du lieu dit la smala  de Chahba, une odeur de bois brûlé, me met en alerte. Comme je marche a une trentaine de pas avant le groupe  je fais signe qu'il faut observer. Dans la zone dégagée de l'oued, je perçois quatre raimas et aux abords des moutons et des bergers. Ce qui retient mon attention, c'est l'animation inhabituel prés d'une de ces tente nomade. Prudemment nous nous déployons en éventail afin de cerner ce bivouac et de procéder au contrôle habituel. Apparemment notre venue ne déclenche pas de panique, au contraire. Les enfants viennent vers nous sachant que parfois les pâtes de fruits des boites de rations  viendraient les réconforter. Nous commençons les contrôles et nous nous déployons tout en gardant notre appui feu bien en évidence. J'arrive prés de l'une des raimas et là je remarque beaucoup d'agitations. Des femmes sont au chevet d'une plus jeune qui apparemment est en train d'accoucher. Près d'elle un jeune nomade. Comme la coutume le veut, la femme est debout, les jambes écartées, les bras tiennent solidement une sorte de grande croix de Saint André. La position debout facilite l'accouchement et j'arrive précisément à la délivrance du bébé. Accueilli par des youyous le bébé est lavé, langé puis remis à la nouvelle maman. Je reste coi, sidéré par cette naissance. Le jeune qui est aux cotés de la jeune femme n'a rien à voir avec les bergers. Je doute que sa présence n'est pas dictée uniquement par la naissance. Mais il me parait digne de confiance et son regard exprime à mon égard une forme d'amité. Je lui demande si nous devons envoyer un service sanitaire pour s'occuper de sa femme. Il me dit que non, car les vieilles du campement vont se charger des premiers soins. Il me remercie de mon attention. Je quitte ce lieu avec une forme de paix intérieur. Je ne suis pas dupe ce type appartient aux fells. Cette naissance doit etre pour lui un moment d'interrogation sur la poursuite de cette guerre. Je rejoints le groupe avec une sorte de sérénité, comme si cette naissance annoncée un autre monde plus enclin à la réconciliation générale. Cette enfant doit avoir aujourd'hui 58 ans Qu'est-il devenu? Sera t-il un jour qu'il est venu au monde en présence d'un militaire Français?

Posté par CADOUDAL à 14:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]