ROUMARE AUJOURD'HUI

06 novembre 2019

LE FELLOUSE

On ne maîtrise pas ses souvenirs et parfois ces derniers rejaillissent à l'occasion d'un fait anodin. Les faits que je vais vous narrer sont issus de la première expérience dramatique de cette guerre d'Algérie. En ce début de l'année 1961 la virulence des fells à notre encontre, avait atteint un certain paroxysme. Il ne se passait pas de semaine sans que nous ayons à intervenir à la frontière marocaine ou dans le massif du Fillaousenne, prés de Nemours. Chaque unité avait en son sein une équipe chargé du renseignement. Les militaires qui composaient ce noyau, étaient bien souvent des pieds noirs et par conséquent, ils parlaient l'arabe couramment. Ils recueillaient le renseignement par leur connaissance ou par tout autre méthode qu'il convient d'éviter de parler. Pour la petite histoire, nous les jeunes nous avions reçu une solide formation militaire et nous avions tous le CIA, le certificat inter-armée. Nous étions conditionnés au tir réflexe et ce qui m'a certainement sauvé dans cette circonstance précise. Nous étions en janvier, et vers 23 heures le groupe d'intervention est activé pour neutraliser une petite bande de fellouses. Selon les informations recueillis par la cellule de l'escadron dans le douar de Boudjmil, près de Nédroma, des fellouses doivent venir s'approvisionner en vivre. Aussi secrètement que possible nous cernons un groupe de mechtas en lisière du douar Je dis discrètement, car les fellouses disposent de choufs pour etre alertes si besoin est. Pour l'opération, nous sommes dotés de PM mat 49. Une arme très efficasse qui ne s'enraye jamais et qui permet de faire un rideau de balles en cas de probléme. Comme je vous le dis, nous étions conditionnés à l'usage instinctif du tir en cas de probléme. On nous avait positionné dans une petite ruelle et nous étions deux à tenir ce poste. Nuit calme, un froid de canard, et une tension palpable. Les yeux s'habituent à la pénombre petit à petit. Soudain , dans le silence de la nuit, les chiens commencent à hurler très fort. Un remue ménage général dans les mechtas et quelques rafales de PM. On se tient sur nos gardes malgré notre éloignement de la zone ciblée. Brusquement, surjit devant nous, un guss armé d'un pistolet. Il est aussi surpris que nous  de nous voir en ces lieux. Il pensait etre sorti de la nasse. Par réflexe nous usons de nos PM, et le fell s'éffondre à une dizaine de mètres de nous. Nous mettons un laps de temps à réaliser. Le reste du groupe nous rejoint et le gradé constate que nous avions tué l'un des fellouses qu'il recherchait. Pas de paroles inutiles dans ces cas là. On se tait et on dévisage celui que nous venions de tuer. On ne sera jamais lequel de nous deux à fait mouche, mais vu le nombre d'impacts je doute que je suis sans responsabilité. Avec le temps, j'avais caché cette histoire au fond de moi, mais les images restent bien vivaces. C'était mon apprentissage à cette dure réalité que la guerre. Nous savions bien que si ce type n'avait pas eu ce moment de surprise, nous aurions certainement dégusté à sa place. Avec le recul de l'age je m'interroge sur les raisons de ce conflit sachant que dès le départ nous savions que ce pays, à l'instar des autres pays du magreb, aurait sa liberté. Fin de cet épisode dramatique et accordons nous la paix des braves

Posté par CADOUDAL à 12:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 novembre 2019

LA FAMILLE

Combien de fois avons nous évoqué cette famille comme une importante composante de notre vie et pourtant? Je dis est pourtant car cette famille, cet esprit de famille n'est pas si évident que cela à expliquer. Je crois fondamentalement à la famille car c'est cet esprit d'appartenance qui nous relie les uns les autres et qui nous donne une force de groupe plus importante que tout autre chose, dans la mesure ou il y a cette idée de partage d'une histoire commune. Bien difficile pour certain d'entretenir cet esprit de famille. Je l'ai vécu amèrement avec des parents plus enclin à fréquenter les amis, les copains, plutot que de se pencher sur la vie et le devenir de leurs proches. Puis, quand les amis, les copains se sont évanouis alors on se retourne vers les proches. Oui, mais le mal est fait, car pour exister un esprit de famille à besoin tout le long de l'existence  des attentions, des contacts, des aides morales ou autres. Alors, fort de cette expérience malheureuse, j'ai tout fait pour éviter cette dérive familiale et au contraire, entretenir avec ostentation cet attachement viscérale, a sa descendance, à sa famille, dans la mesure ou celle-ci joue aussi le meme jeu. Je pense avec force, que l'esprit de famille découle en grande partie des efforts des parents à entretenir ce feu. Puis, avec les années, le flambeau change de main tout en gardant le meme élan. Si les parents, les grands parents, n'entretiennent pas ou n'anime pas l'esprit de famille, celui périclite rapidement. Pourquoi? Les jeunes d'aujourd'hui on tellement de sollicitations de toutes sortes que de s'attacher à la ligne ancestrale devient ringard. L'importance  est donc d'entretenir ce lien et faire en sorte qu'il soit le refuge le rempart à toutes dérives. Il nous faut etre trés vigilant et ne pas laisser de blancs dans ce lien, car il risque de s'éffilocher trés rapidement. La famille c'est le recours, la bouée de sauvetage, l'asile sans aucune restriction. Je suis indigné lorsque je vois des parents rejeter leurs enfants sous prétexte de dérive. La morale des parents n'est pas une excuse pour refouler un enfant. Nous n'avons pas à juger, notre role et d'accueillir, de secourir. Vous l'avez bien compris, pour que tout cet édifice de la pensée familiale tienne le coup, il faut y mettre beaucoup d'amour. Moi j'ai fait le choix, ma famille c'est sacré. Alors, est vous?

Posté par CADOUDAL à 14:54 - Commentaires [1] - Permalien [#]

CAPITAINE

Parmi les grades et les fonctions militaires, celui qui a mes yeux se révèle le plus valorisant pour un homme, c'est celui  de capitaine à la tète d'une compagnie.Pour la petite histoire, capitaine veut dire téte, et pour éradiquer un problème ne dit on pas décapiter! D'ailleurs pour bien comprendre l'importance de ce mot de "CAPITAINE", on dit que Napoléon ou Alexandre le grand, étaient de grands capitaines. Le grade de capitaine est assimilé au commandement sur le terrain. C'est la position de l'homme qui est comptable de ses hommes, de ses moyens et du résultat de sa mission. Tout le reste de la hiérarchie supérieure, ne sert qu'à la logistique, à l'étude de stratégies, à apporter à ceux du terrain les meilleures informations utiles à la réussite de la mission. Oui, mais pour commander sur le terrain, il faut nécessairement réaliser une parfaite osmose entre le chef et les subordonnés. Cela passe par une entière confiance dans l'homme qui incarne la force du commandement. Pour acquérir cette cohésion cela passe par des principes bien élémentaires de la nature humaine. Le Capitaine n'est pas comptable de ses heures, il est entièrement dévoué jour et nuit  à sa mission. Il lui faut de l'expérience, de la compréhension de la nature humaine, une force physique lui permettant d'endurer avec ses hommes les fatigues, et surtout bien connaître son terrain et son milieu. Le passage par les étapes inférieures, lui permettent d'éviter les erreurs telles que des ordres ineptes, l'absence de réflexions sur la menace, la non adéquation des moyens face à la menace. Oui, je sais que je vais chagriner ceux qui sortent des écoles d'officiers et qui pensent tout savoir sur la manière de commander. Mais, avec mon ancienneté, j'ai vu tellement d'aberrations que je peux me permettre de dire que l'expèrience du terrain est la meilleure école que je connaisse pour commander. Une compagnie, c'est une grande famille ou on est tous solidaire. Pour que cela fonctionne avec le maximum d'efficacité je suis contre la redondance des grades intermédiaires. Un capitaine, un adjoint au cas ou, et quatre gradés pour être à la tète des sections. Un système pyramidale rétrécie afin de ne pas diluer l'efficacité et surtout à rendre responsable chaque rouage. Aujourd'hui, pour la même fonction et sur le mémé périmètre de commandement, vous avez un commandant, un capitaine adjoint, un major. Voyez vous même l'efficacité pour discerner le niveau de responsabilité. Tout cela à cause de quoi? De la fonctionnarisation des militaires. Et oui, l'esprit militaire qui prévaut aujourd'hui c'est d'abord les droits avant le devoir. Résultat, avant d'agir sur le terrain, le capitaine de maintenant doit composer avec les indisponibilités du personnel en récupération, les, droits des femmes pour les grossesses et autres bobologies, tout un arsenal de prérogatives qui laissent le pauvre capitaine dans l'incapacité d'agir. On fait alors de la représentation, on passe sur l'essentiel, c'est à dire l'attente du résultat. Oui de mon temps, les militaires étaient disponibles 24 heures sur 24 car s'étaient pour cela qu'ils étaient rémunérés.Cela ne m'empéchait pas d'user de mon droit de commandement pour octroyer des repos compensateurs. Comme vous le voyez le commandement sur le terrain n'est plus le même, il est maintenant tributaire de tant de freins que le résultat de la mission en pâtit. Cette régression dans l'aspect du commandement cela se ressent aussi dans les commentaires des élus. De votre temps mon capitaine c'était autre chose. Évidemment celà m'affecte, car j'aurai aimé que ce contact avec le terrain, cette obligation d'étre à l'écoute de ceux dont nous sommes en charge de protéger, perdure. L'approche du commandement à l'échelon d'une compagnie est différent, Nous les anciens, nous avions fait le moyen orient, l'algérie, et nous savions l'importance du mot MISSION. Nous étions des militaires au service de la France et non au service d'une carrière. Grosse différence d'appréciation. Bon, je referme cette parenthèse et je continue a avoir une pensée émue à tous ceux que j'aie eu la chance de commander. J'espère qu'ils auront aussi apprécié  ma sensibilité à les protéger, les défendre, parfois au détriment de ma vie personnelle.

Posté par CADOUDAL à 11:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 octobre 2019

LE HAMAC

Le hamac, cet accessoire quasiment disparu de la marine et pourtant à mes yeux d'ancien la plus belle invention que l'on a utilisé pendant plusieurs siècles de navigation.Cette rencontre avec cette literie, remonte aux années 1954. Après des études laborieuses ou ma personnalité ne convenait guère aux orientations voulues par les profs de l'époque, je n'avais qu'une obsession, partir et découvrir un univers qui convenait mieux à mes désirs de liberté. Je n'ai pas eu de mal à convaincre mes parents de signer la dispense d'engagement et à 16 ans et demi, je me retrouve à la caserne LA PEPINIERE à Paris pour une première sélection. Compte-tenu des évènements d'indochine, la cinquantaine de guss qui constituait la fournée , était dirigée vers la formation de fusiliers-marin. Direction Pont Rean, près de Rennes et là, début des réjouissances. D'abord mis en quarantaine, puis vacciner à forte dose, tète rasée, et encadrés par des saccos à très forte personnalité, nous voilà soumis à un régime qui de nos jours soulèverait un tollé général. Dans ce camp nous étions au moins deux cents car il recevait également des marins civils effectuant leur service militaire.Nous les engagés, nous étions les bêtes noires, car ce statut d'engagé nous obligeait à nous soumettre à la dure réalité de la vie en communauté, et à subir les quolibets des autres. Pendants presque trois mois, nous avons subi la formation militaire, la formation marine, l'école du soldat, le manque de sommeil, par contre nous avions une très bonne nourriture. Heureusement car à ce rythme, nos organismes n'auraient pas tenu la distance. Puis Dien bien phu est tombé en Mai 1954, et nous avons reçu une nouvelle orientation; Avec un quinzaine d'autres marins, nous avons rejoints Toulon en train. Deux jours de voyage, en passant par le massif central. Arrivés à Toulon en pleine nuit, vers 21 heures, nous sommes accueillis par le responsable de notre stage, et conduit à bord du cuirassier Richelieu. Imaginé notre tète à la vue de ce géant des mer. En montant la coupée, on se fait engueuler par le sacco de service histoire de montrer qu'à a bord discipline oblige. On nous conduit dans un poste d'équipage, situé à Tribord, et on nous affecte un caisson et un  couchage, le fameux hamac. Pour la petite histoire, les hamac de l'époque, étaient constitues d'une toile en lin, avec des anneaux de part et d'autre, et un passage pour glisser le matelas. Le hamac servait donc de couchage mais aussi de linceul en cas de problème en mer. Notre gradé, nous explique rapidement comment gréer ce hamac avec les araignées (Corde rattachant la toite au crochet d'amarrage). Comme le gradé a peu de temps à nous consacrer, nous essayons tant bien que mal à gréer nos hamacs, puis rapidement on abandonne et on se couche à même le pont blindé. Ce n'est que le lendemain, que les anciens sont venus à notre rescousse pour nous montrer comment il fallait faire. Toujours est-il que cette première nuit à bord du richelieu, s'est soldée par des réveils intempestifs des rondiers buttant sur nos carcasses. Que dire de plus, sinon d'imaginer ces scènes de nos formations à notre époque. C'est impensable, et je vous passe sous silence toutes les étapes pour nous amariner à la vie en mer. Bon, c'était une autre époque, mais je regrette ce hamac car en mer pour dormir rien ne le vaut. Vous étes bercés par la houle, tangage ou pas vous étés stable. Par contre attention à la sortie du hamac lorsque le pont se dérobe sous vos pas. On marche alors les pieds en canard pour assurer la stabilité. Convenez qu'à 17 ans et se retrouver ainsi verser dans ce monde rude de la mer,'il y a de quoi rigoler surtout lorsque je vois la préciosité des formations de nos jeunes.

Posté par CADOUDAL à 15:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 septembre 2019

MON COPAIN

Combien de fois j'ai constaté que ce terme de "copain" a été utilisé sans en connaître le définition, la portée symbolique. Un copain c'est au-dessus de la fraternité, c'est assimilé à une notion de partage, de complémentarité. Copain veut dire partage du pain, partage des bons et mauvais moments, partage d'une tranche de vie, partage d'une profonde amitié dépassant les clivages familiaux/ Des copains vous en aurez peu car pour que celà existe il faut une histoire, une confrontation à la réalité une idée de sacrifice pour l'autre. Un copain, c'est mieux qu'un frére car il est choisi. Pour comprendre l'attachement réciproque de deux copains, je vais vous raconter comment c'est forgé mon affection pour mon copain Gérard. Nous étions tous deux embarqué sur le Chevalier Paul, escorteur d'escadre, plus souvent à la mer, qu'à quai. J'occupais la fonction de chef de poste car étant le plus vieux quartier maître dans ce réduit ou cohabitaient une quarantaine de guss. Pour tout confort, un hamac, et un caisson ou ranger nos effets militaires. Pour quitter le bord nous devons passer une inspection par l'officier de quart et parmi ceux-ci il y avait une tete de con, un abruti qui passait son temps à emmerder les matelots. Mon copain Gérard, avait connu une toulonnaise et c'était le grand amour. Résultat, mademoiselle attend à un enfant. Comme mon copain avait de la morale, il décide de se marier et envisage de présenter sa future à ses parents à Paris. Pour partir en permission, il faut passer par l'inspection. Pour sa coupe de cheveux non réglementaire, mon Gérard est refoulé. Mais comme il y avait urgence à faire la démarche sur Paris, il décidé de partir et de faire le bord et il part après m'avoir informé de son intention. Le lendemain matin, à l'appel du matin, je réponds pour lui ainsi que le jour suivant. Oui mais voilà, notre chef de service s'aperçoit de la supercherie et je suis convoqué devant le pacha. Je lui dit la vérité et il concède que ma démarche part d'un bon sentiment et m'inflige une peine de 8 jours. Quant-à mon copain, c'est la police de Paris qui l'a invité à rejoindre Toulon le plus vite possible pour éviter d'etre considéré comme déserteur. A son retour, il a été condamné de 30 jours de prison maritime. Le mariage étant fixé fin juin, je me suis mis en relation avec la future pour l'aider dans les démarches et surtout la soutenir sur le plan morale. Le mariage a eu lieu le lendemain de sa sortie de prison et j'étais son témoin. Depuis cette époque, je réponds toujours présent à l'aider dans sa vie . C'est ça la valeur du mot copain. Malgré nos ages avancés, nous restons unis et je pense que peu de gens peuvent se targuer d'avoir un COPAIN, avec lequel on partage tout, joie, tristesse, et moment de bonheur.

Posté par CADOUDAL à 11:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 septembre 2019

LA CAGNA KADEK

Pour vous situer cete endroit sur l'échiquier de la guerre d'algérie, il se trouve près de la frontièere avec le Maroc, à proximité des mines de fer de Boubker. En face en territoire marocain, la ville de Zellidja. Nous étions en début d'année 1961, et l'escadron avait hérité de la mission du contrôle de l'accés à la mine. Une route venant de Zellidja, amenait chaque jour les mineurs tous des marocains. Un passage était donc aménagé au travers de nos lignes de défense afin d'accueillir les mineurs. Malgré la guerre, le commerce continuait et les chargements de minerai transitaient par ce même passage. Nous étions donc cinq gendarmes, parachutaient à ce poste de contrôle, pris en subsistance au fort de Boubker distant de trois kilomètres. Nous sommes dans les contreforts de la foret de Beni Boussaid, lieu de prédilection des incursions des fells. Notre mission, contrôler tout ce qui  passe. Le rima qui occupait la tour de guet, nous appuyait en cas d'attaque. Tout cela n'est guère rassurant, surtout que nous sommes complétement à découvert. Pour loger, nous avions une cagna, prés de la route, avec nos couchages. Quand je dis une cagna cela veut dire une grande pièce dans un abri en béton, mais pas de porte ni fenétres. Donc tous les jours, dès 6 heures du matin et jusqu'au soir, nous exercions notre vigilance e. Tous les mineurs étaient fouillés, identifiés avec les fiches remises par le bureau de la mine. On se relayait et le reste du temps repos dans la cagna. Comme j'avais quelques affinités avec le rima, je partais faire une patrouille sur la zone du no mans land. Nous étions près de Zellidja, et dans cette localité il y avait un camp d'entrainement des fells. De temps à autre il effectuaient des tirs de mortier dans notre direction. Il fallait se méfier des tirs de fusils stasi, car un pruneau de 12 millimètres cela ne pardonne pas. Comme il faisait particulièrement froid, nous avions une djellaba bleu pour uniforme. Peu d'intéret cette mission si ce n'est les nuits ou il fallait rappliquer dare dare vers la tour de guet pour se mettre à l'abri. Pour éviter les tirs de rockets la tour était entourée de filets comme une grosse toile d'araignée. Un beau matin, comme à l'habiture nous passons au controle les mineurs; Machinalement je regarde les pieds des gus car travail oblige, ils sont tous équipés de chaussures de sécurité. Je constate dans la ligne, un type avec des chaussures de ville. Je l'intercepte et il me dit dans son jargon, qu'il est nouveau et qu'il n 'a pas eu les chaussures de sécurité. Tous les autres de la fille font profil bas . Nous embarquions ce type dans notre 4/4 pouir le conduire au poste. Il s'agissait en réalité d'un jeune fell, qui désertait le camps de Zellidja pour retrouver sa famille dans l'Oranais. Comme quoi, c'est au pied que l'on voit à qui on a affaire. Au bout de 8 jours nous avons été relevés et nous avons été les derniers à occuper la cagna Kadek, car le commandement a pris conscience de notre vulnérabilité dans cette zone dangereuse. Fin de l'épisode quoi que j'ai toujours en mémoire comment nous faisions pour nous protéger des scorpions qui pullulaient dans cette zone. Nous avions protégé nos pieds de lit avec des boites de conserves remplies d'essence. Efficace, sauf pour les fumeurs bien sur.

Posté par CADOUDAL à 17:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 septembre 2019

LA FRANCE COLIMACON

Si j'aborde cette question, ce n'est pas par amour des escargots, mais pour la faculté qu'ils ont la faculté à des hermaphrodites, comme une partie de notre population . Etre capable d'étre male ou femelle selon son désir, c'est le mal qui ronge notre société. Aujourd'hui, nous constatons ce phénomène des transgenres avec inquiétude car cela pollue la bien séance traditionnelle. Des hommes, des femmes, en mal de personnalité, s'affichent comme des coquettes et étalent la dégenerescence de leur moeurs  au grand public. Ils se disent le peuple arc en ciel, alors qu'en réalité ils ne sont que des désaxés sexuels. Comment ne pas s'offusquer devant ce comportement qui naguère faisait l'objet de poursuites pénales. C'est un non sens par rapport à notre histoire, à notre culture, à la nature.Homme ou femme, c'est la nature qui décide, et chacun a un rôle bien précis pour procréer et assurer la continuité de la survie de l'espèce. Comprenez bien que cette débauche est contraire à l'équilibre de la société. Lorsqu'à Paris vous voyez le défilé des homos, des lesbiennes et autres malades, vous ne pouvez pas ne pas  réagir en vous disant "Mais dans quel monde vivons-nous?" Oui je suis révolté de la passivité des gouvernants devant ce spectacle dégradant. Qu'allez-vous dire aux enfants? Imaginez leur réaction lorsque deux hommes s'embrassent sur la bouche, Pensez-vous que cette mode soit conforme à la nature, à la norme de notre existence? Que dire devant l'immense connerie des politiques qui soudainement viennent nous dire qu'il y aura une mère 1 une mere 2 sur les actes d'état civil. Il y aura bientôt, le père 1 le père 2 et puis nous aurons le pernot pour arroser tout celà. La vie m'a appris que sans les bonnes moeurs, sans pudeur, et sans respect des us et coutumes, tout part à vau l'eau. On nous prépre une nouvelle Sodome et je gage que moi le vieux con on va me mettre dans une réserve car je représente l'anticonformiste du monde actuel. Alors que faire? Il serait bien simple de demander à ces personnes d'étre plus discrete, plus secréte. On punit la prostitution pour la provocation des hétaires, alors faisont de meme avec ces personne qui choquent la morale que nous avons hérité de notre culture judeo-chretienne.

Posté par CADOUDAL à 11:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 septembre 2019

OUED SARNO MORNE PLAINE

Au début de l'année 1962, les opérations militaires  contre les fells devenaient de plus en plus rares. Il était temps pour moi de songer à l'après-guerre et d'évoluer au sein de la gendarmerie. Le capitaine m'avait inscrit à la préparation du brevet d'arme afin de postuler par la suite à l'avancement. Pendant un mois j'ai été détaché à Oran pour une mise à niveau et une préparation aux différentes épreuves. Nous étions hébergés par un escadron de métropole et nous étions cantonnés sous les gradins dustade de foot de ladite localité. Tous les soirs nous avions droit au concert des casseroles pour l'algérie française, puis les choses se gâtées car nos amis de l'OAS, nous canardaient au mortir de 60 quand ce n'était pas à la mitrailleuse de 30. Nous ripostions à partir des deux engins blindés mis à notre disposition pour la formation. Au matin, nos amis les moblots faisaient des visites domiciliaires dans les tours HLM qui nous entouraient. Je ne vous raconte pas la délicatesse des visites. Bon nombre de pieds noirs doivent se souvenir de ces moments tragiques. A l'issue de ce mois de préparation, direction Sidi Bel Abbes, camp de Oued Sarno, lieu de passage des matières de l'examen. Une région désertique, quelques mechtas un oued souvent à sec, et une contrée toujours susceptible de recueillir des fells en mal de coups de main. Installation sommaire dans des baraque de bois, une cantine des plus spartiate, et une défense très lègère. La nuit nous assurons la garde du camp. Précisément le premier soir, je suis de garde et pour me protéger du vent, je me mets dans la cuve de l'auto-mitrailleuse. Soudain, vers minuit, certainement pour nous souhaiter la bien-venue, nous sommes harcelés par des tir en provenance d'un ilot de mechtas. Immédiatement j'arme la 12,7 et je commence à riposter. Celà se calme et soudain j'entends derrière moi une voix. Qui vous a permis de riposter sans ordre? Je regarde d'ou vient la voix et je découvre dans la pénombre un jeune lieutenant. Je lui réponds du tac au tac. C'est ainsi que nous opérons dans mon escadron, nécessité oblige. Il commence à m'engueuler de plus belle, tant et si bien que le commandant de la cession d'éxamen  intervient pour rétablir le calme. Le lendemain matin, début des épreuves et je tombe sur qui comme premier intervenant, mon petit lieutenant. Il s'agit d'un questionnaire sur les caractéristiques de l'aftrack. Je bute sur le schéma de la boite de transfert. Là, il se régale et me donne une note désatreuse. Avant de le quitter, je lui dis "Mon lieutenant, dans mon escadron nous avons un service auto très compétent et je dout que le schéma de la boite de transfert, fasse l'objet d'un quelconque intéret. Il me dit "Sortez immédiatement". Déconfis par cette première épreuve, j'ai lmoral plutot dans les chaussettes. Heureusement poutr moi, j'ai pu me rattraper dans les phases de commandement et notamment au commandement du combat. Là encore, j'ai du essuyer le platre, étant le premier candidat à passer près d'un capittaine ayant la réputation d'une peau de vache. Les thémes étaient choisis au jeu de dés. Ma mission, investir les mechtas près d'un pont enjambant l'oued. Pour la petite histoire, nous n'avions pas de balles à blancs mais nos vrais munitions. Je donne les l'Ordre à mes trois groupes de combat coinstitués d'harkis. J'ai la chance de tomber sur de bons guerriers et immédiatement ils m'ont à la bonne. L'opération se déroule parfaitement et soudain je vois un guss sortir complètement affolés der l'une des gourbis. Heureusement que j'avais dit à mes hommes"Pas de tir sans mon ordre". Il s'agissait d'un pauvre berger venu s'abriter lors de la nuit. Il n'est pas armé, donc s'est possible. En tous cas il a eu du pot, car mes harkis se faisaient déjà une voie de lui tirer de dessus. Le capitaine examinateur m'a fait quelques observations, mais il m'a mis une excellente note et c'est ainsi que je suis sorti dans les premiers de cette cession. A mon retour à l'escadron, le capitaine m'a confié la formation au maintien de l'ordre des troupes cantonnées dans le secteur de Tlemcen. Là c'est une autre histoifre et je vous prie de croire, que former des militaires au maintien de l'ordre il y a de quoi rire. C'est comme-ci vous demandiez à un groupe de mort d'amour de garder un lycée de jeunes filles. 

Posté par CADOUDAL à 15:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 août 2019

LA MECHTA MIMILE

En cette fin d'année 1961, les raids des fells dans notre région de l'ouest algérien, allaient bon train. Les dirigeants de cette organisme terroriste sentaient un tournant dans l'opinion française, lasse de cette guerre. Pour faire parler d'eux, il fallait entretenir les évènements au prix du sacrifice de milliers de jeunes algériens  non aguerris. Pour se prémunir de ces incursions, la France avait créé un encagement généralisé des frontières entre le Maroc et la Tunisie. Un réseau très dense de barbelés, de mines et surtout un filet éclectique efficace. Pour accéder à cette structure, une piste longeait la ligne d'arret afin d'intercepter tous les franchissements. La ligne Maurice présentait ainsi une très grande efficacité, paralysant tous acheminement d'armes et munitions pour les katibas intérieur. C'est dans ce contexte que j'aie été amené à opérer près de Marnia. A cette époque, nous renforcions les effectifs du royal Pontivy. Escadron connu de nous car nous étions souvent ensemble lors des opérations de ratissage. Pour compléter le dispositif mis en place, entre les postes fixes , il y avait des patrouilles jours et nuit afin d'internenir au plus près. Nous étions donc détachés pour emploi près de la frontière et notre role consistait à nous positionner de nuit non loin du réseau électique, au lieu dit "LA MECHTA MIMILE", pourquoi se nom? Je l'ignore, mais vu l'état du gourbis il est fort probable que le pauvre guss qui avait logé ici ne devait pas rouler sur l'or. Toute la nuit, nous étions aux aguets prés à intervenir. Lorsque les fells attaquaient, celà commençait par des tirs de diversion sur une grande partie de la ligne et essayait avec des explosifs de créer un passage. La multiplication des coupures du réseau se voyaient au loin par des étincelles provoquaient par les 10000 volts. Préalablement nous avions repéré les différents points de départ des assaillants et nous avions comme mission de pilonner leur zone avec quelques obus de notre camon de 37 de l'auto-mitrailleuse. L'artillerie donnait elle aussi de la voix, avec les canons de 105. Cela durait une bonne heure environ et après nous devions nous assurer que notre secteur n'avait pas été impacté par cette attaque. On patrouillait à bord de l'AM au ralenti et en cas de dégâts nous alertions le poste le plus proche. Parfois, les fells réussissaient à franchir le réseau, mais à quel prix. J'ai vu des guss électrifiés, comme des morceaux de bois calcinés. Pour nous leurrer, ils faisaient passer avant eux, des anes ou des moutons. Tous les coups sont permis méme au prix des sacrifices humains. Lorsque le franchissement était avéré, commençait alors la longue traque à l'intérieur des terres.Tout cela se passait prés de Nédroma. Au petit matin, retour à la base, remise en état du matériel, et un bon roupillon pour récupérer un peu. Nos amis de l'escadron du royal Pontivy, savaient recevoir, ils avait une très bonne cave, et parfois dans les blindés on entendait le tintement familier des bouteilles de vin.C'était il y 60 ans, qui se souvient de cette mechta Mimile, de ces morts pour une idéologie communisme, de ces français qui ont pactisaient avec les fells pour acheminer l'argent le nerf de la guerre. Un ancien premier ministre Français, se targuait d'avoir oeuvrait contre nous. Et oui, les traites sont de toutes les époques. 

Posté par CADOUDAL à 10:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 juillet 2019

LES TONTONS MOTARDS

De tous temps la gendarmerie s'est construite et instruite en utilisant les ressources internes. C'est ainsi que les meilleurs des gendarmes sont choisis pour instruire les autres notamment dans les centres de formation motocycliste de la Gendarmerie. Au debut on se contentait de stages d'initiation en Région, puis avec la montée en puissance des unités motorisées, il y avait urgence d'unifier tous ces parcours initiatiques à l'échelon national. C'est ainsi que Fontainebleau est devenu la Mecque des motocyclistes. Selon votre vocation, deux stages s'ouvraient alors à, la formation basique, un stage d'initiation d'une durée de trois mois et des stages de recyclage d'une durée d'un mois. Vous l'avez bien compris, les tontons motards sévissaient sur ces deux types de formation. Le travail était  fait avec grand sérieux car il s'agissait avant tout autre chose, de donner aux stagiaires une aptitude à piloter en toute sécurité et de faire de la motocyclette un outil opérationnel. Les sous-officiers qui oeuvraient à cette tache, étaient tous des motards avertis. Mais cela n'empéchait la rigolade sinon la vie serait bien trop triste. Des anecdotes de cette époque, je vais vous en narrer quelques unes. Lors de la fin du cycle de pilotage, nous avions une piste surnommée la piste noire. Noire pourquoi? Les difficultés rencontrées par le stagiaire, résumées en fait l'aptitude à piloter. Donc, c'est toujours avec un peu  d'appréhension que les stagiaires abordaient cette difficultés.Pour pigmenter cette épreuve, nous avions convenu une mise en scéne particulière. Au moment ou les stagiaires vont commencer à s'élancer, arrive en motocyclette un curé en soutane. "L'un des nôtres bien entendu" Il met sa machine sur béquille et se dirige vers le groupe. Stupéfaction générale. Nous, bien entendu, on y va "Du Monseigneur, monsieur l'aumonier etc". Les stagiaires sont réunis et notre soit disant prêtre commence à les bénir, vu la difficulté de la piste. Puis il remet à chaque stagiaire, une médaille de la Sainte Vierge. Inutile de vous dire l'ambiance au départ? Mort de trouille les stagiaires. Parmi ces derniers nous avions deux sénégalais qui venaient en France pour constituer la garde motocycliste de leur Président. "Tu nous donnes des grigris chef? Au bar le soir cet épisode a fait le tour du cantonnement avec force rigolade. Autre anecdote piquante, mes deux sénégalais qui ne savaient pas faire du vélo lorsqu'ils sont arrives chez nous, lorsque qu'ils sont sortis la première fois sur piste, n'ont pas été capable de s'arréter face à une butte de terre, la motocyclette s'est plantée en terre et mes deux guerriers sont partis à l'horizontale dans les fourrés. Lorsqu'ils sortis, couverts de boue, de feuilles, le casque de travers, ils étaient gris de trouille. Tout cela sans mal, grâce à nos échauffements musclés. Et les officiers me diriez-vous? Et bien sachez que nous avions pour habitude de gérer nous mène nos formations, et que les officiers intervenaient peu. Mais cela ne nous a pas empêche de leur faire quelques farces. Du barane dans le casque, les douches à l'eau froide, etc.. Nous avions une très bonne entente entre nous et je pense bien sincèrement que beaucoup de mes camarades se souviennent de ces séances de radada dans le sable, la descente en catastrophe des poubelles, le carrousel ou le gymkhana. Oui les tontons motards ont marqué de leur empreinte toute cette époque, qu'en est-il aujourd'hui?

Posté par CADOUDAL à 17:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]