ROUMARE AUJOURD'HUI

28 avril 2019

L'ARMENIE

Parmi les nombreux voyages que j'ai pu effectuer lors de ma vie, la découverte de ce pays l'Armenie fait partie de mes meilleurs souvenirs.En France nous avons une image assez floue de cette contrée et le peu d'informations que nous avons font état d'un pays tourmenté par l'histoire. Je savais, pour l'avoir lu, que le génocide de ce peuple a été terrible, mais de là à imaginer les souffrances subies par ces armeniens il n'y a rien de comparable avec la dure réalité du musée dédié à cet effet. Là, on apprend avec des sources sures, la cruauté des turcs, des kurdes . L'abject a été dépassé par ces agresseurs au point que certaines images sont insoutenables pour le commun des mortels. Imaginé un seul instant que ces tourmenteurs allaient jusqu'à faire frire les nouveaux nés devant leur mère. Et oui, et tout celà par idéal religieux. L'islam est une religions de paix n'est-ce pas! Sinon, je peux témoigner du courage des armeniens à redresser leur pays dévasté par tant d'années de guerre. Tout est à faire, mais je reconnais que des résultats tangibles se manifestent. Par exemple la jeunesse est bien formée et éduquée. A titre d'anecdote, dans le métro d'Eyrevan, les jeunes se lèvent pour laisser la place aux personnes les plus âgées. Et oui, ils ont des convenances que nous avons perdues il y a belle lurette. Dans les campagnes le peuple se chauffe encore avec des bouses de vaches séchées. Mais il vous accueille à bras ouvert et il est prêt à partager le peu qu'il a. Ce pays recèle des trésors d'architesture. Les nombreux monastères témoignent d'une foi inébranlable. Le renouveau du christianisme est patent. Les jeunes suivent les préceptes de la religion avec conviction.  L'indépendance de ce pays est récente et il faut savoir que les armeniens sont toujours en guerre contre l'azerbaidjan. Les jeunes font 2 ans de service militaire et ils sont envoyés sur le front pour contrer les incursions des islamistes.  Nous les français, nous ne devons pas oublier cet engagement car en sorte ils nous défendent alors qu'ils ont peu de moyens. Nous devrions aussi nous rappeler le martyr des résistants arméniens pendant la dernière guerre. Bon, vous l'avez bien compris, il faut aider ce peuple frére, et la meilleure façon de le faire est d'aller dans ce pays et de leur témoigner notre soutien. Les français sont très bien considères grâce à l'objectivité que nous avons et aussi grâce à notre engagement en Cilésie.

Posté par CADOUDAL à 11:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


04 avril 2019

LE CHIBANI

Dans la culture berbère, le chibani, c'est les vieux, l'ancien le sage est à ce titre il mérite attention, respect et écoute. Le chibani, c'est l'histoire, la référence et j'ai toujours respecté ces anciens car ils avaient une certaine lucidité sur ce qui allait advenir à leur pays après notre départ. Au cours de mes nombreuses patrouilles dans le djebel, non loin de Nédroma la cité vestige d'un temps passé, nous pasions fréquemment prés d'un douard isole, une sorte d'oasis avec quelques fellahs travaillant leur lopin de terre et entretenant un troupeau de chèvres et de de moutons pour subsister. A chaque fois que je passé, je venais saluer un ancien  assis sur un banc le dos à son gourbi la tète protégée par un immense figuier. Habillé à l'ancienne, la tète couverte par une chéchia, il imposait le respect. Comme nous devions quitter la zone pour nous replier sur la base de Mers el Kebir près d'Oran, je tenais à saluer une dernière fois ce chibani. On aurait dit qu'il m'attendait. Sur la petite table devant son banc, sa femme avait préparé le thé à la menthe et quelques beignets au miel. Comme je ne fumais pas et que j'avais une réserve de tabac, je lui ai apporté une dizaine de paquets de tabac à pipe. Je savais que c'était son péché mignon. Après les paroles de bienvenue nous avons commencé à parler de la vie et surtout de sa vie. J'ai découvert en réalité que c'était un ancien combattant de 14/18 et qu'il avait servi en France lors de la bataille de Verdun. Il m'a raconté son périple pour rejoindre le front. Voyage en fond cale d'un bateau, puis transport par wagon jusqu'au lieu ou il fallait rejoindre le front à pied. Mal équipé, un paquetage bien trop lourd, un fusil lebel peu maniable, ces goumiers n' étaient pas fait pour combattre sous nos latitudes. Il s'en est sorti grace à Allah dit-il. Je veux bien le croire car vivre dans cet enfer ça n'a pas été de tout repos. A la fin de la guerre, il a servi dans le sud algérien comme goumier pour surveiller les tribus voleurs de troupeaux. Sa femme, discrètement m'apporte une boite de fer et en l'ouvrant elle me montre les médailles de son mari. Médaille militaire, médaille de verdun, croix du sud, . Avec une certaine émotion je regarde ces décorations, et je me dis"combien d'anciens combattants comme lui ont été laissé pour compte? Tout en continuant à parler, il me confie ses craintes pour l'avenir de son pays car il a bien conscience que les algériens ne sont pas encore prets à prendre leur envol. Puis il aborde son triste avenir, "j'ai encore quelques années à vivre ici mais dans quelles conditions?" Il me dit, j'ai l'impression de vivre un énorme gachis. Et oui, mon vieux chibani, tu n'avais pas tord, la suite de l'histoire, nous, nous la connaissons. Lui, vu son age, il a du s'éteindre doucement à l'ombre de son figuier et reposer en paix prés du marabout de son douard. Quand j'évoque ce passé, je revois cet ancien, droit comme un I fier de son passé d'ancien combattant. Respect à tous ces goumiers, ces troupiers qui sont venus défendre la France en espèrant que leur sacrifice ne serait pas vain pour l'avenir de leur terre.

Posté par CADOUDAL à 09:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 mars 2019

LES DESERTEURS

Peu de temps après l'indépendance de l'Algérie, en juillet 1962, les accords d'Evian, prévoyaient une période de transitions afin de rapatrier les forces militaires vers la France. La base de Mers el kébir, située près d'Oran servait de zone de repli tant sur le plan humain que matériels. Cette enclave s'étendait de la sortie d'Oran ouest vers la mer sur une distance d'une vingtaine de kilomètres. L'anarchie provoquée par ces mouvements de troupe a contraint le commandement a créé une prévôté aux armées et bien entendu j'étais du lot car je venais de passer avec succès mon brevet d'armes. Nous étions donc une trentaine de gendarmes, équipés de moyens très rustiques, et logés au fort de la marine au lieu dit "La fosse aux ours" Pourquoi ce nom, je l'ignore mais en ce qui concerne le confort nous avions connu mieux. Notre mission consistait a surveiller la circulation dans la zone franche et de vérifier l'identité des civils entrant sur notre territoire en compagnie des fells. Oui, vous avez bien entendu, la veille on se tiraient dessus et maintenant nous étions contrains de travailler avec eux. Inutile de vous préciser l'ambiance des deux cotés, mais la mission passe avant toute notre haine à l'égard de ces ennemis. Pour être identifié à coup sur, nous avions un brassard bleu avec la lettre P. Nous avions repris le képi tout en étant en kaki. Pour nous commander nous avions un officier et quelques gradés. Nous étions répartis en brigade et chacune avait une zone à surveiller. Avec mon équipe, nous avions hérité de la ligne de crête entre la chapelle de Santa Cruz et la zone forestière bordant le camp de la légion. Par atavisme nous avions rapidement sympathisé avec la légion et leur cantine nous servait d'ordinaire. Un matin, aux aurores, nous étions embusques prés de la chapelle. Il s'agissait de tirer les lapins qui pullulaient dans cette zone afin d'améliorer la cantine. Nos coups de feu, font sortir deux guss des fourrés. Il s'agit de deux européens. Nous procédons à une fouille systématique et nous essayons d'avoir leur identité. Impossible de dialoguer avec eux. Dans le doute, nous les ramenons à la base. Là, l'un d'eux nous dit qu'ils sont des touristes allemands et qu'ils ont laissé leur pièce d'identité dans un hôtel dans la zone de la caravelle à ORAN. Le gradé de permanence me donne l'ordre d'aller avec les guss vérifier ces dires. Mais,j'ai un doute, aussi sans en parler au gradé je fais garder l'un d'eux au poste en attendant mon retour avec le deuxième. Ce dernier nous balade dans le quartier de la caravelle et m'indique soudainement un hotel. Je descends de la jeep avec lui et je constate que nous sommes précisément devant un cantonnement fell. Le guss se met à courir vers l'entrée du campement je le poursuis. Il entre dans le campement et immédiatement cinq ou six fells m'entoure, l'arme bien en vue. Mon brassard prévoté me sauve la mise et l'un de leurs responsables vient vers moi et me dit que ce guss est l'un des leurs. Je lui explique que ce type a essayé de rejoindre notre zone ce matin. Il me fait signe de repartir et fissa comme ils disent. Je ne demande pas mon reste et je repars vers notre base la rage au coeur. Mon chauffeur me dit "Ben on a eu chaud". Arrivés à la base, je fais comprendre aux deuxième guss que je sais qu'il y est. Mon gradé commence à ameuter la hierarchie de l'incident. Moi de mon coté je préviens un adjudant du camp de la légion et je lui demande de rappliquer dare dare à la base.  Quand ce dernier arrive, je le mets devant notre guss. Un coup de poing en pleine figure pour commencer le dialogue, une fouille à corps très poussé, et dans son slip ,des papiers d'identité. Bon, pas d'histoires entre nous, tu le prends en compte car c'est un déserteur et qui de plus a servi chez les fells. Avec un large sourire, j'ai compris que notre guss allait passer un trés mauvais quart d'heure au camp de la légion. Entre temps mon gradé revient et il me dit de conduire le type à l'tat major dans le fort. Mais constatant son absence, je lui, dis que nous l'avions identifié et remis à son unité. Complètement incrédule, il m'engueule de mon initiative mais bien content de se voir débarrasse de toute une procédure. Bon, comme vous le voyez il y a des jours ou l'on peut remercier la baraka car sans mon brassard de prévoté, je ne donnais pas chère de ma peau dans ces temps très agités. Quand au guss qui nous a échappait à Oran, compte tenu de sa volonté de revenir en France, il a du lui aussi passer un tré trés mauvais quart d'heure. 

Posté par CADOUDAL à 10:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 mars 2019

LE MAITRE DES HORLOGES

Comme vous avez pu remarquer, nous ne sommes pas maître de nos horloges. Le grand horloger du cosmos, règle nos pendules selon son humeur du moment et nous crédite d'un temps donné avant d'arreter le mécanisme. Le remontoir est parfois utilisé par les médecins pour nous remettre à l'heure, mais celà ne marche pas à tous les coups. Le maitre des horloges est tout puissant car par ses différents réglages, il gère le monde entier, tout ce qui vit passe par sa volonté. Quel cerveau ce bonhomme? Il est capable à tous les moments de rappeler à lui tous les mécanismes usés ou défaillants.. Pour certain, ce maitre des h horloges, c'est dieu lui mène, pour d'autres c'est bouddha ou autres divinités du panthéon de nos croyances.  Après-tout, quelque soit son identité, nous sommes tous dépendant de son bon vouloir. Si quelques bricolages ici bas nous permettent de perdurer un peu plus, et bien profitons-en. Pourtant, vous auriez pu me faire remarquer, que toutes les pendules du monde vivant ne sont pas réglées avec la meme durée. Prenons par exemple le genre humain, nous ne sommes pas égaux en terme d'usure des mécanismes. Rappelez-vous, le sablier de la vie! il s'écoule indifféremment selon la quantité de sable. Ce sablier de la vie, n'est-il pas lui aussi une forme d'horloge biologique? Pour nos ancétres paysans, l'horloge familiale, avait une utilité indispensable pour gérer l'emploi du temps. Elle; venait en complément des sonneries du clocher du village. Ces horloges portaient une symbolique trés forte à telle enseigne que lors d'un décès, on arrêtait le balancier pendant quelques jours, afin de bien marquer cette disparition. Aujourd'hui, on s'émancipe du temps des horloges. Auparavant et quelque soit la saison, on ne changeait pas les horaires des pendules. La journée de travail commençait aux aurores pour se terminer au crépuscule. Sous l'aire industrielle, le temps de travail était ponctuait par les sirènes. Petit à petit, ces horloges se sont modernisées, internalisées mais pensez-vous que cela change beaucoup notre existence? Le maître des horloges reste le gérant de nos destinées, et selon son humeur il rappelle à lui quelques âmes, pour venir lui donner un coup de main dans la gestion des rouages de la vie sur cette terre. Alors, me diriez-vous, quel est le message? Et bien amis lecteurs, sachez que notre vie dépend de beaucoup de paramètres pour maintenir les mécanismes en état, mais que vous le vouliez ou non, l'horloger de nos destinées sera vous rappeler à lui lorsque votre heure sera venue. L'important n'est-il pas de profiter de chaque parcelles de sa vie afin de partir sereinement sans regret. Un denier conseil d'ancien "Il est préférable d'avoir des remords plutôt que des regrets"

Posté par CADOUDAL à 14:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 mars 2019

LE GEGENE EMMERDE

Cette épisode de mon histoire sur le territoire d'opération algérienne est authentique d'ailleurs comme le reste. Le titre est un peu provocateur est pourtant c'est un cas vécu meme si les propos sont d'ordre scatalogiques. Tous ceux qui ont connu cette période ont en mémoire des évènements tragiques mais gardent aussi des faits plus savoureux à rapporter. C'est le but que je me suis fixé car la mémoire reste pour le moment intacte mais pour combien de temps?  Pour restituer cette histoire, nous somme au cours de l'année 1961, année charnière pour le FLN qui sentant la partie gagnée sur le plan internationale, intensifie ses incursions le long de la frontière marocaine. Nous somme en mars et les différences de températures sont-elles que les intestins souffrent beaucoup. Ont comprend aisément pourquoi nos anciens portaient la ceinture de flanel afin d'éviter les inconvénients de ces sautes de températures. Vers minuit, alerte des premiers à marcher. La mission consiste à escorter le général commandant la zone vers le poste de Boubeker ou un violent accrochage  avec une bande de fells avait provoqué la perte chez nos militaires. Le convoi est constitué d'un scout-car, de la voiture du général,de deux ambulances et d'une AM. Deux ambulances, l'une pour les blessés l'autre malheureusement pour les dépouilles des militaires tués au combat. Nous roulons prudemment car la zone est loin d'étre sécurisée et pour nous repérer nous circulons avec les seuls yeux de chats, petits feux de couleur rouge. J'occupe la place de mitrailleur a l'arrière. Le scout comprend 5 hommes, un chauffeur, un chef de bord, deux mitraileurs pour servir la 50 et la 30 et un radio. Nous sommes en liaison radio avec les postes situés sur le parcours. Il fait nuit noire et le froids intense. De plus, dans la cuve du scout, le vent tourbillonne et accentue cette notion de froid. Déjà sensible par la présence d'amibes dans les intestins, je ressens un besoin impérieux de me soulager la pance. Mais compte-tenu du contexte impossible de s'arreter. J'ai beau me retenir mais la loi de la nature est impérieuse et il me faut trouver une solution immédiate. "Nécessité fait force de loi"Je décide donc de prendre mon casque lourd comme pot de chambre. Tant bien que mal je fais mon besoin à la grande rigolade des autres compères. Je me rhabille comme je peux et il me faut maintenant me débarrasser du contenu du casque. Mon coéquipier à devancé ma pensée, il se saisit de mon casque et balance le contenu à l'arrière du scout. Mais comme nous circulions assez près les uns des autres, ce contenu atterri sur le capot du véhicule du général. Comme il fait nuit noire le conducteur n'a rien vu et nous arrivons à destination. Discrètement nous rejoignons le mess ou nous attendait un ancien légionnaire. Je lui fais part de cette histoire et il part en rigolade. Comme j'ai toujours mal au ventre, il me donne à boire le contenu d'une ampoule de couleur jaune, ampoule qui la ramenée d'indochine. Il me dit,"tu verras avec cela tu ne seras plus jamais importuné" Et il a eu raison car jamais je n'ai eu à souffrir de ces maux de ventre. Nous avons repris le convoi pour le retour et avant de partir j'entendais le chauffeur du général se plaindre car son patron l'avait engueulé copieusement car sa voiture sentait la merde. Il n'avait jamais compris comment ces excréments étaient venus sur son capot. Nous innocemment nous partagions sa déconvenue . N'enpéche qu'au retour à l'escadron j'étais catalogue comme l'emmerdeur du général.  Le plus drôle de cette affaire, c'est que j'aie gardé ce casque et il trône façon de parler, dans mon bureau. Rassurez vous il a été récuré et il a servi à bien d'autres utilités comme se laver par exemple. 

Posté par CADOUDAL à 16:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]


04 mars 2019

LA NUIT SOUS LES LUCIOLES

Encore une nuit dans le djebel, une nuit très froide puisque le thermomètre affiche moins 8 degré. Pour maintenir nos véhicules en état de marche, nous sommes contraints de les faire tourner de temps à autres afin d'éviter le gel des radiateurs. La vigie auprès des pièces de 50 et de 30 millimètres n'est pas chose aisée. Le froids nous paralyse les mains au contact de l'acier.  Heureusement, fort de mon expérience passée, j'avais pris dans mon paquetage de terrain, une paire de moufles en peau de mouton. Le pouce étant dégagé, je pouvais tirer sans difficulté. Par contre nos passe -montagnes offraient peu de résistance au vent glacial. Le décors ainsi posé, nous étions fasse à un massif boisé prés de Sidi Medjahed. Depuis trois jours nous poursuivions une katiba forte de 120 guss depuis la frontière marocaine. Nous étions dans la phase de l'hallali, car le bouclage du massif n'offrait peu de facilité pour que ces fells puissent sortir de la nasse. Par mesure de prudence nous avions établis nos zones de tirs et délimité le champ d'action des mitrailleuses. A notre gauche, nous étions épaulés par une compagnie du RIMA. Mise à part les hurlements des chacals, la nuit était en apparence calme. Cependant nous redoutions un passage en force des fells. Derrière nous nous avions une batterie de 105 et qui par intervalles de 20 minutes projetait en l'air des fusées éclairantes, les lucioles. Cela avait pour effet de donner un cachet irréel à ce djebel. Une lumière blafarde donnait aux arbres et aux buissons des allures de décors. On y voyait comme en plein jour. Entre chaque salves le paysage redevenait sombre indéfinissable. Les fells avaient compris la cadence de tir des 105, et ils avaient progressé vers nos lignes. Mais contre toute attente, leur progression ont gêné un chacal qui est parti dans notre direction en créant un mouvement dans les buissons. Immédiatement les tirs nourris en direction des buissons  en fait reculer les fells Malgré l'envoi de fusées éclairantes nous n'apercevions pas la tentative de franchissement. Après cette alerte le calme est revenu. Au petit matin nous sommes allés voir la zone de pénétration et nous avons constaté des traces de sang. Cette alerte a eu le mérite de confirmer la présence des fells dans ce massif. Rapidement le bouclage s'est mis en mouvement pour resserrer la zone et lors des premiers engagements, les T6 sont entrés en action avec leur habituel efficacité. Quelques prisonniers, quelques blessés mais surtout beaucoup de morts. Le combat était inégal, nous avions la supériorité numérique et l'appui aérien. Le seul avantage des fells la connaissance du terrain, quoiqu'au bout de deux ans de crapahut nous avions nous aussi appréhender cette terre aride et rude. La nuit sous les lucioles est un souvenir comme les autres mais pour ceux qui devaient se terrer à chaque éclatement des fusées  cela devait etre particulièrement stressant. Retour à la base, crasseux, fatigués, les yeux rougis par les interminables nuits d'éveil. Nous étions jeunes et la récupération physique rapide. Encore une opé à mettre au compteur.

Posté par CADOUDAL à 10:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 février 2019

NAISSANCE AU DJEBEL

En cette année 1961, nous étions en pleine phase de la pacification. Les tensions sur la frontières marocaine étaient toujours aussi intense et notre unité souvent sollicitée par les opérations de ratissage et de bouclage, se trouvait au sud de Tlemcen. Mise à part les départs précipités sur les zones sensibles de pénétration des katibas, nous avions aussi pour tache, de quadriller notre secteur afin de déceler la présence de fells et aussi de rechercher du renseignement auprès des autochtones. Nous étions au printemps et les traces de l'hiver commençaient à s'estomper. La nature se parait de vert des oliviers, des arbousiers et l'oued qui bordait le sud de notre secteur charriait des tas de branchages arrachés sur les berges. Nous progressions en silence sur les rives de l'oued Mouilah en direction d'une zone de pâturage LA SMALA DE CHAHBA. Habitués à ces patrouilles, nous faisions attention à notre entourage surtout que nous étions dominés par une forme de canyon naturel, propice aux embuscades. Nous savions que toute cette zone avait été déplacée vers un village construit de toute pièce par les SAS. A priori nous ne devions rencontrer personne or-mis les bergers autorisés par les autorités militaires. Nous les pouces cailloux, nous marchions silencieusement avec l'esprit en éveil car nous savions qu'une petite cellule Fell était agissante. Nous n'étions guère éloignés du massif du Fillaoucene, lieu de rébellion affirmé. A l'approche du du lieu dit la smala  de Chahba, une odeur de bois brûlé, me met en alerte. Comme je marche a une trentaine de pas avant le groupe  je fais signe qu'il faut observer. Dans la zone dégagée de l'oued, je perçois quatre raimas et aux abords des moutons et des bergers. Ce qui retient mon attention, c'est l'animation inhabituel prés d'une de ces tente nomade. Prudemment nous nous déployons en éventail afin de cerner ce bivouac et de procéder au contrôle habituel. Apparemment notre venue ne déclenche pas de panique, au contraire. Les enfants viennent vers nous sachant que parfois les pâtes de fruits des boites de rations  viendraient les réconforter. Nous commençons les contrôles et nous nous déployons tout en gardant notre appui feu bien en évidence. J'arrive prés de l'une des raimas et là je remarque beaucoup d'agitations. Des femmes sont au chevet d'une plus jeune qui apparemment est en train d'accoucher. Près d'elle un jeune nomade. Comme la coutume le veut, la femme est debout, les jambes écartées, les bras tiennent solidement une sorte de grande croix de Saint André. La position debout facilite l'accouchement et j'arrive précisément à la délivrance du bébé. Accueilli par des youyous le bébé est lavé, langé puis remis à la nouvelle maman. Je reste coi, sidéré par cette naissance. Le jeune qui est aux cotés de la jeune femme n'a rien à voir avec les bergers. Je doute que sa présence n'est pas dictée uniquement par la naissance. Mais il me parait digne de confiance et son regard exprime à mon égard une forme d'amité. Je lui demande si nous devons envoyer un service sanitaire pour s'occuper de sa femme. Il me dit que non, car les vieilles du campement vont se charger des premiers soins. Il me remercie de mon attention. Je quitte ce lieu avec une forme de paix intérieur. Je ne suis pas dupe ce type appartient aux fells. Cette naissance doit etre pour lui un moment d'interrogation sur la poursuite de cette guerre. Je rejoints le groupe avec une sorte de sérénité, comme si cette naissance annoncée un autre monde plus enclin à la réconciliation générale. Cette enfant doit avoir aujourd'hui 58 ans Qu'est-il devenu? Sera t-il un jour qu'il est venu au monde en présence d'un militaire Français?

Posté par CADOUDAL à 14:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 janvier 2019

MA FEMME

Il faut arriver à un âge avancé pour comprendre l'importance de ce mot dans une vie d'homme. Déjà le terme de "MA FEMME" désigne une possession alors qu'en réalité on ne sait pas qui des deux possède l'autre.En vieillissant on s'aperçois que le dominant  n'est plus l'homme, mais la femme, les rôles s'inverse. Dans les premiers temps, le mari c'est le socle familial, c'est lui qui fournit les moyens de subsistance du foyer. Puis avec l'âge, les rôles s'inversent car la contribution familial ne résulte plus du travail de l'homme, mais de sa rente au travail. Le fait valoir rend ainsi la femme responsable de beaucoup d'actions de la vie de retraité. Tout comme les sentiments, au début du couple nous sommes tous feux tous flammes, l'union résulte d'un accord mental et physique. En vieillissant il en est autrement, la passion s'efface au profit de la tendresse, de  l'affection réciproque. N'allez pas croire que ce passage délicat de la vie de couple se passe sans heurt. Non, car les habitudes ont la vie dure, et l'homme que je suis a du mal à considérer que mes décisions sont remises en cause. Et pourtant, il faut bien l'admettre, ma femme a souvent raison. Bon, je boude un peu pour montrer mon mécontentement, puis je reviens à de plus sages décisions qui convergent avec celles de ma femme. Prenez par exemple un but de voyage "T'as pas chance ma pauvre femme lucette on retourne dans le pacifique" Quoi, pas d'accord, je mets mon veto, t'as qu'à y aller tout seul. Et voila c'est reparti pour une négociation afin de trouver une destination pas trop loin, pas trop de changement d'hotel, pas trop de chaleur etc... Enfin nous arrêtons une destination qui sera un compromis entre une exigence de découverte, et un certain confort matériel. Autre exemple de l'emprise des femmes dans une vie de retraité: Lorsque nous sortions, je choisissais ma tenue vestimentaire, maintenant il faut croire que mes goûts sont dépassés, les vêtements que je dois porter son alignés sur le lit. Inutile de discuter il parait que nous les vieux nous avons des goûts d'un autre temps. Pourtant je me sens bien dans mes vieilles frusques, un pantalon de velours délavé, un vieux pull, des savates au pieds, elle est pas belle la vie. Mais rien qu'à voire les yeux furibonds cette tenue n'est du goût de madame. J'ai l'impression qu'en vieillissant, les femmes materrnent beaucoup plus leur mari. Pourquoi? Je pense que c'est un réflex de conservation de l'image du mari alerte. Bon, je peux me tromper. Rien n'est plus désobligeant que de s'entendent dire "Tu as tout du clodo". Ma femme c'est aussi madame veto, c'est fou comme elle prend de l'aisance dans les décision de la vie de tout les jours. Autre exemple significatif, je me réfugie dans mon jardin, là je suis le maître incontesté quoique; Si je vais acheter mes plans et graines, elle va me persuader que telle variété est plus intéressante que l'autre. Il faut aussi penser aux différentes variétés de pommes de terre, pour les frittes; la purée, la soupe etc... En définitif, j'ai compris que même dans mon jardin, sa présence est effective. En matière culinaire, je serais plutôt adepte d'un bon cassoulet ou de bonnes trippes accompagnées de frittes. Que nenni mon garçon, tu n'y penses pas, c'est pas bon pour toi. Une salade remplacera ton mirage. Elle a mille fois raison, mais qu'importe le goût du cassoulet reste une sorte d'obcession. Chapeau l'artiste, car c'est grâce à elle que je résiste à l'obésité des retraités. Toutes ces remarques sont certainement partagées par d'autre couples. Beaucoup d'habitudes gèrent notre vie de chaque jour et on ne se voit plus qu'au travers de rites de vie. Savons nous nous observer et se dire conbien je tiens à toi? On ne ne dit pas, pourquoi? Par pudeur je pense car nous sommes d'une génération ou exprimer ses sentiments était une faiblesse/ Pour tant je l'aime ma femme car sans elle je sais que j'existe plus. Alors, tous ces moments que nous passons ensemble, toutes ces joies qui viennent se greffer  dans notre vie quotidienne, sont autant de preuves d'amour . Mes révoltes passagères, résultat de mon égo, ne sont que des reconnaissances  de mon attachement à elle.  Nous aurons passé plus d'un demi siécle ensemble, nous aurons traversé bien des périodes troubles, mais le socle de notre amour, lui reste solide malgré la patine du temps.

Posté par CADOUDAL à 15:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 janvier 2019

LE PERIL JAUNE

Des morts, des centaines de blessés, des scènes de pillage, des dégâts matériels considérables, l'entrave à la libre circulation des personnes, de nombreux Français plongés tous les samedis dans l'insécurité en ville, des les péages, c'est l'image ternie de notre pays. Inutile de vous préciser l'impact négatif de cette chianlie dans la presse du  monde entier. Ce désordre encouragé par des politiciens véreux va profiter aux autres nations européennes notamment dans le choix des investisseurs. La protestation des gilets jaunes  dont la légitimité n'est pas en cause, s'est déclenchée sur un terreau favorable et à pris la forme d'un mouvement sans responsble identifié. De fait, certains éléments de cette contestation sont devenus des symboles alors qu'ils étaient identifiés comme les plus radicaux. De fil en aiguille, le mouvement est devenu un ramassis d'émeutiers, avide à piller les boutiques de luxe, et à dégrader les monuments publiques. Cette forme de guérilla urbaine ou se mêlent expressions de haine, les actes de pillage préfigure les plus bas instinct d'un peuple sans chef.  Triste bilan, nos politiques sont incapable de prendre en main cette révolution car les préoccupations de base du peuple ont été trop souvent négligées. La classe politique parait complétement déphasée et elle ne sait pas comment faire pour dire aux français que notre pays est en faillite. Ce manque de courage est une faute et il y a longtemps que les sages disaient qu'il fallait réorganiser le pays et surtout rééquilibrer les fonctions régaliennes du pays. Aujourd'hui, la loi est bafouée, le président fragilisé, et nos élus attendent un sursaut des français les plus calme pour retrouver une forme de dialogue horizontal et vertical. En huit semaines de gaspillage, le bilan est tragique. Maintenant il nous faut rebondir et admettre que la voix du peuple doit être entendue constamment sans attendre des élections afin d éviter que les extrémistes  s'emparent du pouvoir, il faut neutraliser les casseurs, les pillards, les sanctionner lourdement. Si l'impunité demeure, nous aurons des dérives extrêmes notamment l'usage des armes par les citoyens menacés. L'espoir réside aujourd'hui dans la concertation tous azimuts des français. La prise en compte des saines réflexions doit servir de base pour amorcer le redressement des mentalités et retrouver enfin la confiance. Mais, attention, si cette démarche n'est pas prise au sérieux, je redoute le pire pour notre pays.La France a des hommes et des femmes courageux pour revitaliser le dialogue, faisons en sorte de participer à ces échanges car c'est notre démocratie qui est en dsanger.

Posté par CADOUDAL à 09:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 janvier 2019

DU PASSE POUR SERVIR

Les hommes politiques devraient se souvenir du passé pour prévoir l'avenir. De tous temps l'histoire se répète et les évènements actuels démontrent que les soulèvements populaires démarrent par une cause fortuite. En 1789, c'était le manque de pain, et en 2018, le prix des carburants. Les puissants ne prennent pas en compte ces revendications légitimes et laissent pourrir la situation. Résultats, la révolution en 1789 et en 2018 la chienlit populaire. Le mouvement des gilets jaunes en est le triste révélateur de l'incurie du pouvoir en place pour juguler ce mécontentement. Au lieu de tergiverser et d'attendre, si le gouvernement avait immédiatement pris en compte cette juste revendication, nous en serions pas là aujourd'hui. Comme quoi le passé se révèle toujours d'actualité dans les comportement du peuple. De nos jours nos élites sont tous issue du même sérail. Ils sortent de l'ENA, se cooptent les uns les autres et se fichent des autres dans la mesure ou ils ne les voient pas. Ces élites pensent naïvement apporter des solutions au mal vivre du peuple alors que précisément ceux sont eux le problème. Tout est fait pour leur convenance personnel et pour être sur de bien profiter de cette France, ils ont mis au pouvoir l'un des leurs Macron. Le président n'est pas arrivé au pouvoir sans l'aide de toute cette frange d'arrivistes, non, il a été aidé par les banques, les réseaux maçonniques. Comment voulez que ce type puisse avoir de l'empathie à l'égard du peuple qu'il ne connaît pas. D'ailleurs rappelez-vous son parcours du pays lors des manifestations du souvenir. Il a côtoyé un instant cette population et il a compris que sa personnalité pose problème a leurs yeux. Ce président a montré son attachement à cette élite dès son intronisation en supprimant l'ISF. Par cet acte, il a montré son attachement au respect de ses engagements envers ceux qui l'on mis au pouvoir.Le délitement général de la morale, du respect du aux biens et aux personnes, découle précisément de cette impertinence à gérer le pays dans l'intéret d'une minorité. Cette colère s'exprime dans la rue, dans les propos, à l'égard des forces de police et de secours car ces dernières sont les symboles représentatif de cette classe dirigeante. Alors, qu'en réalité ces mêmes hommes de terrain, sont aussi touchés par cette politique de classe. Le ressenti est général et le mouvement de protestation accepté par une majorité de français. Alors que faire? Nous n'avons plus dans nos réserves un homme ou une femme à la hauteur. Allons nous voter vers les extrêmes? Devons nous en passer par là pour régénère notre politique? Vaste sujet qui rejoint mon titre de cette chronique. Le passé peut il servir l'avenir?

Posté par CADOUDAL à 11:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]